Hypercalcémie

Item 268 UE IX


1 - Pour comprendre

Raisonner face à une hypercalcémie nécessite une parfaite connaissance des points clés de la régulation de la calcémie, qui vous permettra de retrouver les signes et les étiologies des hypercalcémies.

Le calcium est un ion essentiel dans l'organisme. Il est finement régulé pour assurer son homéostasie intracellulaire et plasmatique. Il est impliqué dans :

  • la signalisation intracellulaire comme second messager ubiquitaire (par exemple, des récepteurs couplés aux protéines G) ;
  • le fonctionnement des cellules excitables nécessaires au bon fonctionnement cérébral (neurones) et à la contraction musculaire (cardiomyocytes, cellules musculaires lisses, cellules musculaires squelettiques) ;
  • la minéralisation osseuse (formation des cristaux d'hydroxyapatite).

Le calcium plasmatique total regroupe le calcium lié à l'albumine (40 %), le calcium lié aux anions (5 %) et le calcium libre ionisé (55 %). C'est le calcium libre ionisé qui est la forme active. La calcémie donnée par le ionogramme correspond à la calcémie totale. Elle oscille entre 2,2 mmol/l et 2,6 mmol/l.

La valeur doit être corrigée en cas de perturbation de l'albumine selon la formule suivante :

Calcium total corrigé = Calcium total mesuré [mmol/l] + (40 - Albumine [g/l]) × 0,025.

Le dosage de référence de la calcémie (surtout en cas d'hypoalbuminémie) reste celui de la calcémie ionisée mais il est plus compliqué à réaliser (prélèvement sur seringue à gaz du sang, envoi immédiat à 4 °C pour mesure). La calcémie ionisée varie entre 1,15 et 1,35 mmol/l. Le dosage de calcium ionisé peut être perturbé par le pH (l'acidose augmente le calcium ionisé) et la phosphatémie (l'hypophosphatémie diminue le calcium ionisé).

Régulation de la calcémie : rôle clé de la PTH et de la vitamine D (fig. 26.1)

  • L'homéostasie calcique repose essentiellement sur trois organes clés (l'intestin, le rein et l'os) et deux hormones régulatrices (la parathormone, ou PTH, et la vitamine D).
  • Chez l'individu sain, l'absorption digestive du calcium est en équilibre avec les pertes urinaires afin de maintenir l'homéostasie.
  • Les entrées digestives sont régulées par la vitamine D active, également appelée calcitriol (1,25(OH)2-vitamine D3), qui favorise l'absorption du calcium.
  • L'excrétion urinaire est régulée par la réabsorption rénale au niveau du tubule distal. Cette réabsorption est augmentée par la PTH.
  • La PTH est l'hormone clé qui permet d'augmenter la calcémie. Elle est sécrétée par les glandes parathyroïdes en réponse à une baisse de la calcémie détectée par les CaSR (Calcium Sensing Receptors) présents dans les glandes parathyroïdes.
  • La PTH stimule alors :
    – la réabsorption tubulaire rénale distale du calcium ;
    – la conversion par la 1a-hydroxylase de la 25(OH)-vitamine D3 en vitamine D active (mécanismes instantanés) ;
    – la résorption osseuse (à plus long terme).
  • L'ensemble contribue à remonter la calcémie.

 

Fig. 26.1. Schéma de régulation de la calcémie chez l'individu sain.

 

2 - Définition biologique d'une hypercalcémie

L'hypercalcémie est définie par :

  • un taux de calcium total (corrigé si nécessaire) supérieur à 2,6 mmol/l ;
  • ou par une calcémie ionisée supérieure à 1,35 mmol/l.

La découverte d'une hypercalcémie impose la réalisation d'un second dosage de confirmation (éliminer les erreurs de dosage, de prélèvement), sans retarder le traitement s'il existe des signes menaçants.

3 - Sémiologie de l'hypercalcémie

La sémiologie de l'hypercalcémie est très variable selon le degré d'hypercalcémie, la vitesse d'installation (aiguë, chronique) et la pathologie sous-jacente parfois au premier plan. Le diagnostic est souvent difficile.

À ce stade, il faut distinguer deux tableaux cliniques complètement différents :

  • l'hypercalcémie aiguë, souvent mal tolérée cliniquement (d'autant plus mal que l'installation est brusque et le taux élevé), que l'on rencontrera dans un contexte le plus souvent d'urgence voire de réanimation ;
  • l'hypercalcémie chronique, d'installation lente et dont la sémiologie est volontiers fruste même pour des valeurs parfois élevées.

3.1 - Crise aiguë hypercalcémique (Ca2+ > 3,5 mmol/l)

3.1.1 - Clinique

L'hypercalcémie aiguë est une urgence médicale avec un risque de décès par troubles du rythme cardiaque. Il faut l'évoquer devant les signes cliniques suivants :

  • fièvre ;
  • troubles de la vigilance, obnubilation pouvant aller jusqu'au coma ;
  • douleurs abdominales pseudo-chirurgicales avec vomissements ;
  • déshydratation extracellulaire avec insuffisance rénale aiguë (hyperprotidémie, élévation de l'hématocrite).

Il faut réaliser un ECG en urgence pour rechercher un raccourcissement du QT, des troubles du rythme (tachycardie, extrasystole ventriculaire, fibrillation ventriculaire) ou de la conduction (bloc auriculoventriculaire). Le patient devra être hospitalisé dans le service permettant une surveillance avec un scope.

Il existe fréquemment des signes biologiques associés avec une alcalose métabolique, une hypochlorémie, des troubles de la magnésémie et une hypokaliémie.

3.1.2 - Prise en charge d'urgence

La découverte d'une hypercalcémie impose une hospitalisation pour réaliser le traitement d'urgence (le second dosage de confirmation ne retardera aucunement celui-ci). Il comporte les mesures suivantes :

  • arrêt des traitements potentialisateurs :
    – calcium et vitamine D ;
    – digitaliques (risque de troubles du rythme) ;
    – diurétiques et hypokaliémiants (aggravation de la déshydratation et des troubles du rythme) ;
  • réhydratation intraveineuse importante pour corriger la déshydratation (insuffisance rénale aiguë fonctionnelle) et diluer la calcémie : sérum salé isotonique (NaCl 9 ?), 3 à 6 litres par 24 heures (à adapter à la déshydratation et en surveillant étroitement la diurèse toutes les 8 heures) ;
  • blocage de la résorption osseuse par une première administration intraveineuse d'un bisphosphonate (acide zolédronique ou pamidronate) : la perfusion est réalisée après réhydratation et à adapter à la fonction rénale ;
  • favoriser l'élimination urinaire du calcium : l'utilisation concomitante de furosémide pour maintenir la diurèse (surveillance toutes les 8 heures) est possible ; elle s'effectue après réhydratation et en l'absence de protéines monoclonales urinaires (risque de tubulopathie avec insuffisance rénale aiguë).

La calcitonine n'a plus sa place dans le traitement des hypercalcémies.

  • Si le pronostic vital est engagé, peuvent être utilisés en unité de soins intensifs :
  • un volume de perfusion supérieur à 6 litres par 24 heures avec monitorage de la fonction cardiaque ;
  • si nécessaire, une épuration extrarénale (dialyse péritonéale ou hémodialyse).

3.2 - Signes d'hypercalcémie chronique

On estime que 40 % des hypercalcémies sont asymptomatiques et de découverte fortuite sur un ionogramme sanguin fait à titre systématique ou dans le cadre d'un bilan de fragilité osseuse.

3.2.1 - Signes généraux

  • Asthénie physique ou psychique.
  • Amaigrissement avec déshydratation extracellulaire.

3.2.2 - Signes digestifs

  • Anorexie.
  • Nausées.
  • Constipation.
  • Douleurs épigastriques.

3.2.3 - Manifestations rénales

  • Syndrome polyuro-polydipsique (20 % des cas).
  • Insuffisance rénale.
  • L'hypercalcémie chronique peut se compliquer de :
    – lithiases de phosphate ou d'oxalate de calcium (coliques néphrétiques, hématurie ou infection urinaire) ;
    – néphrocalcinose ;
    – insuffisance rénale obstructive.

3.2.4 - Signes neurologiques et psychiatriques

  • Céphalées.
  • Syndrome " pseudopolynévritique " (hyporéflexie voire aréflexie et paralysie distale).
  • Allure " pseudomyopathique " (hypotonie).
  • Symptômes psychiatriques (agitation ou syndrome dépressif, etc.).

3.2.5 - Manifestations cardiovasculaires

  • Signes ECG : segment ST court et convexe en dôme ; raccourcissement de l'intervalle QT.
  • Troubles du rythme (tachycardie, extrasystole ventriculaire, fibrillation ventriculaire) ou de la conduction (bloc auriculoventriculaire).
  • Hypertension artérielle.
  • Calcifications ectopiques.

4 - Diagnostic étiologique

Lorsque l'hypercalcémie est symptomatique et sévère (a fortiori s'il s'agit d'une crise aiguë hypercalcémique), l'enquête étiologique ne doit pas retarder la mise en route du traitement. Comme nous l'avons vu dans la physiopathologie, l'hormone clé de la régulation est la PTH. L'examen central de la démarche diagnostique est donc le dosage de la PTH (fig. 26.2).

 

Fig. 26.2. Arbre diagnostique face à une hypercalcémie.

 

 

4.1 - Hypercalcémies à PTH élevée : hyperparathyroïdie

Il s'agit le plus souvent du tableau typique d'hyperparathyroïdie primitive par adénome parathyroïdien.

À ce tableau s'ajoutent des causes beaucoup plus rares : l'hyperplasie diffuse des quatre glandes et les formes familiales : NEM (néoplasies endocriniennes multiples), hypercalcémie hypocalciurie familiale...

4.1.1 - Hyperparathyroïdie primitive

L'hyperparathyroïdie primitive correspond à une sécrétion de PTH inadaptée à la valeur de la calcémie. Elle est liée à un adénome parathyroïdien ou à une hyperplasie diffuse des quatre glandes parathyroïdiennes.

La conséquence est une augmentation de la réabsorption tubulaire rénale du calcium, une diminution de la réabsorption tubulaire rénale des phosphates, une augmentation de la résorption osseuse et, via la stimulation de l'activité 1a-hydroxylase, une augmentation de l'absorption intestinale du calcium.

L'hyperparathyroïdie primitive est liée à la survenue d'un adénome parathyroïdien, le plus souvent unique et de localisation cervicale. Il existe parfois des localisations ectopiques (notamment médiastinale) voire des adénomes multiples.

L'hyperplasie diffuse des quatre glandes parathyroïdes est responsable d'une hypersécrétion de PTH anormale. Elle survient dans 10 à 15 % des cas. L'existence d'un carcinome parathyroïdien est rare (moins de 2 % des cas).

L'hyperparathyroïdie primitive est la première cause d'hypercalcémie (60 % des hypercalcémies). Elle survient typiquement chez la femme (sex-ratio femmes/hommes de 2 à 3) d'âge moyen 60 ans lors du diagnostic. L'incidence annuelle de la maladie est d'environ 30 cas pour 100 000 personnes.

L'évolution est habituellement lente sur plusieurs mois ou années avec une hypercalcémie fluctuante, souvent modérée. Le plus souvent, le tableau clinique est fruste (hypercalcémie de découverte fortuite) du fait de l'installation progressive des troubles biologiques.

Profil biologique

L'association d'une hypercalcémie et d'un taux sérique de PTH élevé (ou même " anormalement normal " alors qu'il devrait être abaissé) assure le diagnostic d'hyperparathyroïdie primaire.

Le profil biologique associe typiquement :

  • une hypophosphatémie (dans deux tiers des cas) en lien avec la diminution du taux de réabsorption des phosphates ;
  • une hypercalciurie, mais moins importante que ne le voudrait la calcémie.

Particularités des manifestations osseuses

L'hyperparathyroïdie au long cours entraîne un hyper-remodelage osseux et à terme une fragilisation osseuse qui peut se traduire par :

  • une douleur osseuse mécanique dans les zones portantes (bassin, rachis lombaire) liée à une fissure osseuse ;
  • voire une fracture spontanée (col fémoral).

L'hyperparathyroïdie est une cause endocrinienne d'ostéoporose.
L'ostéodensitométrie est utile pour évaluer le retentissement osseux de l'hyperparathyroïdie en sites osseux trabéculaires (rachis lombaire et fémur).

Manifestations extra-osseuses

Hormis l'association chondrocalcinose articulaire et hyperparathyroïdie primitive qui reste fréquente, les manifestations extra-osseuses de l'hyperparathyroïdie primitive sont devenues rares.

Il s'agit notamment des lithiases rénales bilatérales avec néphrocalcinose (à rechercher par échographie) et de la pancréatite calcifiante aiguë.

Comment localiser l'adénome ?

Les examens localisant l'adénome ou identifiant l'hyperplasie ne sont pas nécessaires au diagnostic mais guideront le choix de la technique chirurgicale. Il s'agit de :

  • l'échographie cervicale (sensibilité de 50 % environ en fonction de l'opérateur, de la localisation et du volume ; spécificité de 93 %) ;
  • la scintigraphie au MIBI (1-méthoxy-isobutyl-isonitrile) qui fixe de façon assez spécifique le tissu parathyroïdien et dont la sensibilité est de 80 % environ ; elle est particulièrement intéressante pour les localisations ectopiques ;
  • de plus en plus la scintigraphie au MIBI est supplantée par le PET-scan à la choline qui permet également de localiser l'adénome, y compris en situation ectopique.

Diagnostic différentiel de l'hyperparathyroïdie primitive

Hyperparathyroïdie secondaire à une hypocalcémie chronique (ostéomalacie par carence en vitamine D, insuffisance rénale chronique) : la réponse parathyroïdienne est alors physiologique avec augmentation de volume des quatre glandes. La calcémie est normale ou basse. Il s'agit d'une situation très fréquente.

  • Hyperparathyroïdie tertiaire : si elle n'est pas traitée, une hyperparathyroïdie secondaire peut " s'autonomiser " avec constitution d'un adénome qui sécrète de manière non contrôlée de la PTH. La calcémie est élevée.
  • Hyperparathyroïdie iatrogène induite par le lithium.
  • Hypercalcémie humorale maligne (sécrétion de PTHrp : profil biologique phosphocalcique identique mais avec une PTH effondrée, cf. infra).

Comment traiter l'hyperparathyroïdie primitive ?

Chirurgie

  • Le traitement repose essentiellement sur la chirurgie d'exérèse de l'adénome.
  • Tout patient présentant des complications cliniques de l'hyperparathyroïdie primitive (lithiase rénale, fractures de fragilité, syndrome neuromusculaire) doit être opéré.
  • Au décours immédiat de l'intervention chirurgicale, il est absolument nécessaire de contrôler la normalisation de la calcémie. Parfois une hypocalcémie survient qui peut être symptomatique, de durée variable.

Abstention chirurgicale

Chez le sujet très âgé ou ayant une contre-indication chirurgicale ou lorsque l'hyperparathyroïdie est asymptomatique et sans retentissement osseux ou urinaire, une simple surveillance peut être instituée. Cette surveillance repose sur le dosage de la calcémie et de la créatinine sérique tous les 6 à 12 mois et sur la réalisation d'une ostéodensitométrie tous les 1 à 2 ans.

Traitement médicamenteux

Le cinacalcet est un agent calcimimétique qui abaisse directement le taux de PTH en augmentant la sensibilité du récepteur sensible au calcium extracellulaire (CaSR). C'est un traitement oral indiqué dans l'hyperparathyroïdie primitive en cas de contre-indication à la chirurgie et dans les hyperparathyroïdies secondaires chez les patients insuffisants rénaux sévères.

En alternative, un traitement par bisphosphonate peut abaisser la calcémie et prévenir la perte osseuse. Il faut également supplémenter en vitamine D si nécessaire pour assurer une concentration optimale en 25(OH)-vitamine D car la carence en vitamine D aggrave l'hyperparathyroïdie.

4.2 - Hypercalcémie à PTH basse

4.2.1 - Démarche générale

L'étiologie principale dans ce contexte est un excès de résorption osseuse dont la cause à rechercher en priorité est maligne : métastases osseuses, myélome.

Les hypothèses diagnostiques se retrouvent facilement à partir du schéma de physiologie (fig. 26.3 et cf. supra fig. 26.1).

 

Fig. 26.3. Étiologie des hypercalcémies organiques à PTH basse.

 

 

L'enquête étiologique débute par l'interrogatoire et l'examen clinique :

  • interrogatoire avec recherche de prises médicamenteuses, d'antécédent de néoplasie, d'altération de l'état général, de douleurs osseuses, etc. ;
  • examen clinique : palpation des seins et des aires ganglionnaires, recherche d'organomégalie, recherche de foyers douloureux ou de tuméfactions osseuses, etc.

L'enquête sera ensuite complétée par un bilan paraclinique pour balayer l'ensemble des hypothèses étiologiques et susciter les examens paracliniques plus pointus.
Bilan complémentaire en plus de calcémie et PTH :

  • biologie : hémogramme, CRP, ionogramme sanguin, phosphatémie et créatininémie, 25(OH)-vitamine D, calciurie des 24 heures, électrophorèse des protides sériques, éventuellement complétée en cas d'anomalie par une immunofixation, le dosage pondéral des immunoglobulines et la réalisation d'une immunoélectrophorèse des protides urinaires ;
  • imagerie : à la recherche d'une tumeur primitive (cf. item 307).

4.2.2 - Principales causes d'hypercalcémies à PTH basse

Affections néoplasiques

Métastases osseuses (cf. item 307 au chapitre 27)

L'hypercalcémie est souvent symptomatique en raison de sa rapidité d'installation ; 20 % des patients ayant des métastases osseuses ont une hypercalcémie. L'hypercalcémie est révélatrice de la tumeur métastatique (rare) ou apparaît au cours de l'évolution d'une néoplasie connue : essentiellement cancers mammaires (30 %), pulmonaires (30 %) et rénaux, etc.

Myélome multiple (cf. item 320 au chapitre 28)

L'hypercalcémie est présente dans environ 30 % des cas et est souvent aggravée par une atteinte rénale myélomateuse.

Autres hémopathies (plus rares)

Il s'agit de lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens ou d'autres hémopathies essentiellement en phase d'acutisation.

Hypercalcémie humorale maligne

Dans certains cancers, l'hypercalcémie n'est pas due aux métastases osseuses mais à l'existence d'une tumeur maligne libérant un facteur hypercalcémiant dans la circulation générale. On parle de syndrome paranéoplasique. Il s'agit d'une hormone peptidique, la PTHrp (PTH-related peptide), apparentée à la PTH et ayant la même activité biologique. Le cancer est le plus souvent pulmonaire, ?sophagien, utérin, cutané ou glandulaire (rein, vessie, ovaire). Cette forme d'hypercalcémie est souvent caractérisée par une plus grande résistance au traitement anti-résorptif. Le dosage de la PTHrp est complexe et n'est réalisé que dans un deuxième temps lorsqu'aucune étiologie n'est mise en évidence, notamment devant la combinaison d'un taux sérique de PTH effondré et l'absence de lésions osseuses d'allure maligne.

Autres étiologies (moins de 10 % des cas)

Causes médicamenteuses

Devant une hypercalcémie, il faut regarder systématiquement la liste des médicaments reçus à la recherche d'une intoxication par la vitamine D (hypervitaminose D), d'une prise de rétinoïdes utilisés en dermatologie (hypervitaminose A), ou de diurétiques thiazidiques (augmentation de la réabsorption tubulaire rénale du calcium).

Granulomatoses

Il s'agit de la production extrarénale par le granulome, via l'expression inappropriée de 1α-hydroxylase, de la 1,25(OH)2-vitamine D3 (vitamine D3 active), non soumise à une régulation physiologique. Elle peut être observée au cours de la sarcoïdose (hypercalcémie avec normophosphatémie), de la tuberculose, de la lèpre, de l'histoplasmose, de la bérylliose, etc.

Syndrome des buveurs de lait et des alcalins

Devenu rarissime depuis l'avènement des inhibiteurs de la pompe à protons, il résultait du traitement de l'ulcère gastroduodénal par l'ingestion massive de sels alcalins de calcium ou de lait.

Hypercalcémies d'immobilisation

Il s'agit d'une hypercalcémie avec, le plus souvent, une hypercalciurie survenant lors des comas prolongés ou chez les patients paraplégiques. Elle est souvent aggravée par la nutrition parentérale exclusive. Cette hypercalcémie est résolutive à la verticalisation. En cas d'impossibilité de verticalisation, un traitement par un bisphosphonate peut être prescrit.

Hypercalcémies endocriniennes (en dehors des hyperparathyroïdies)

  • Hyperthyroïdie, surtout chez le patient âgé.
  • Insuffisance surrénalienne aiguë.
  • Phéochromocytome isolé ou acromégalie.

Insuffisance rénale chronique

L'insuffisance rénale chronique s'accompagne habituellement précocement d'une hypocalcémie. Toutefois, elle peut être responsable d'hypercalcémie par :

  • hyperparathyroïdie tertiaire ;
  • utilisation de carbonate de calcium à forte dose, comme chélateur du phosphore ;
  • erreur de bain de dialyse (rare actuellement).



Légende :

Dans le respect de la Réforme du deuxième cycle des études médicales (R2C), les connaissances rassemblées sur ce site sont hiérarchisées en rang A, rang B et rang C à l'aide de balises et d'un code couleur :
Connaissances fondamentales que tout étudiant doit connaître en fin de deuxième cycle.
Connaissances essentielles à la pratique mais relevant d'un savoir plus spécialisé que tout interne d'une spécialité doit connaître au premier jour de son DES.
Connaissances spécifiques à un DES donné (troisième cycle).