Vascularites systémiques

Item 193 UE VIII


1 - Pour comprendre

1.1 - Définition des vascularites

Le terme vascularite regroupe un ensemble de pathologies hétérogènes caractérisées par une atteinte inflammatoire des vaisseaux sanguins artériels, capillaires ou veineux conduisant à une altération de la paroi vasculaire, entraînant souvent une nécrose des tissus irrigués. Il s’agit donc d’affections dont la symptomatologie dépend directement du type et du nombre de vaisseaux atteints par la maladie. On peut décrire les maladies selon la taille des vaisseaux, la pathogénie de la maladie ou l’histologie.

1.2 - Classification des vascularites

Établir une classification universelle est complexe et plusieurs critères peuvent être pris en compte :

  • le calibre et le type de vaisseaux touchés ;
  • la nature systémique ou localisée ;
  • l’association ou non aux anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles (ANCA) ;
  • les caractéristiques histologiques de la lésion :
    • nécrose fibrinoïde de la paroi ;
    • cellules géantes avec ou sans vascularite nécrosante associée ;
    • granulome ;
    • infiltrat lymphoplasmocytaire isolé de la paroi ;
    • la nature primitive ou secondaire de la vascularite.

Les vascularites secondaires peuvent avoir une cause infectieuse ou médicamenteuse (tableau 14.1). Elles peuvent aussi être secondaires à une autre maladie systémique (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux systémique, autres connectivites) ou à une néoplasie.

 

Tableau 14.1. Vascularites secondaires : principaux agents infectieux, toxiques et médicamenteux en cause (liste non exhaustive).

Agents infectieux Médicaments
Bactéries Streptocoque AINS
Staphylocoque β-lactamines
Méningocoque Minocycline
Gonocoque Sulfamides anti-infectieux et hypoglycémiants
Haemophilus Allopurinol
Rickettsia Hydantoïne
Borrelia Diurétiques (thiazidiques, furosémide, spironolactone)
Mycobactéries Sulfasalazine
Virus Hépatites A, B, C Anti-TNFα
VIH Hydroxyurée
CMV Méthotrexate
EBV Phénothiazine
Parasites Plasmodium Diltiazem
Aténolo
Captopril
Toxiques  
Cocaïne (liées au lévamisole associé +++)  

 

La nomenclature de Chapel Hill, révisée en 2012, s’est imposée comme le système de classification de référence. Les vascularites sont classées en fonction de la taille des vaisseaux atteints (tableau 14.2 et fig. 14.1).

 

Tableau 14.2. Nomenclature des vascularites adoptée par la conférence de consensus de Chapel Hill de 2012.

Calibre de vaisseaux Dénomination CCCH 2012 Autre dénomination
Gros calibre Artérite à cellules géantes Maladie de Horton
Artérite de Takayasu
Moyen calibre Périartérite noueuse  
Maladie de Kawasaki
Petit calibre Liées aux ANCA Polyangéite microscopique  
Granulomatose avec polyangéite Maladie de Wegener
Granulomatose éosinophilique avec polyangéite Syndrome de Churg et Strauss
Liées aux dépôts de complexes immuns Anticorps anti-membrane basale glomérulaire Maladie de Goodpasture
Vascularite cryoglobulinémique  
Vascularite à IgA Purpura rhumatoïde ou vascularite de Henoch-Schönlein
Petit calibre Liées aux dépôts de complexes immuns Vascularite urticarienne hypocomplémentémique (anti-C1q) Syndrome de Mac Duffie
 
Calibre variable Maladie de Behçet  
Syndrome de Cogan
Touchant un organe Le nom du système affecté est dans le nom de la maladie Exemple : vascularite cutanée leucocytoclasique…  
Associées à une maladie systémique Exemple : vascularite lupique, vascularite rhumatoïde…  
D’étiologie probablement identifiée Exemple : cryoglobulinémique liée au VHC, aortite syphilitique…  
CCCH : conférence de consensus de Chapel Hill.

 

Fig. 14.1. Description topographique en fonction du type de vaisseaux atteint des principales vascularites.

2 - Quand faut-il évoquer le diagnostic de vascularite ?

Les signes cliniques de vascularite sont polymorphes et dépendent du type de vaisseaux touchés. Cependant, les signes généraux, les signes musculosquelettiques, les lésions cutanées sont observées dans la plupart des vascularites. Un argument majeur pour évoquer un diagnostic de vascularite systémique est l’atteinte de plusieurs organes (maladies multisystémiques) dans un contexte de syndrome inflammatoire.
Les diagnostics différentiels principaux sont :

  • devant une altération de l’état général inflammatoire ou fébrile : une néoplasie, une hémopathie, une infection chronique (tuberculose, autre infection bactérienne chronique, infection virale chronique dont le VIH) ;
  • devant une atteinte inflammatoire de plusieurs organes : une connectivite ;
  • devant des signes musculo-squelettiques : un rhumatisme inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde, spondyloarthrite).

Les vascularites des petits et moyens vaisseaux s’accompagnent volontiers d’un purpura vasculaire.
Le purpura vasculaire aigu peut être :

  • dû à une inflammation pariétale, caractérisée cliniquement par un purpura infiltré (et donc palpable) et un polymorphisme des lésions cutanées ;
  • à un processus endoluminal (thromboses ou emboles), se manifestant par des lésions plus monomorphes nécrotiques avec livedo pour les thromboses et des lésions nécrotiques souvent distales pour les emboles.

Les principales caractéristiques cliniques, histologiques et biologiques par vascularite sont résumées dans le tableau 14.3.

 

Tableau 14.3.  Principales caractéristiques des vascularites.

Vascularite Histologie Terrain Localisation Atteintes caractéristiques, organes cibles Anomalies biologiques
Vascularites des vaisseaux de gros calibre
Artérite à cellules géantes – Cellules géantes
– Granulomes
– Sujet âgé (> 50 ans)
– 1 H/2 F
– Territoire céphalique (+++) – Céphalées bitemporales
– Hyperesthésie du cuir chevelu
– Claudication de la mâchoire
– Pseudopolyarthrite rhizomélique associée
– Œil : artérite oblitérante de l’artère ophtalmique ou de ses branches
– Syndrome inflammatoire
Artérite de Takayasu – Cellules géantes
– Granulomes
– Femme jeune (< 40 ans)
– Surtout Asie du Sud-Est
– Aorte – Crosse aortique : • rétinopathie ischémique • complications neurologiques • atteinte axillo?subclavière (claudication et abolition des pouls aux membres supérieurs)
– Aorte thoraco?abdominale : HTA rénovasculaire
– Syndrome inflammatoire
Vascularites des vaisseaux de moyen calibre
Périartérite noueuse – Inflammation
– Nécrose
– Adulte (40–60 ans)
– 1 H/1 F
– Artères de moyen calibre, parfois artérioles
– Anévrismes
– Peau : livedo
– Musculo?squelettique : arthromyalgies
– Neurologique : mono? ou polyneuropathie
– Rein : insuffisance rénale, HTA
– Digestif
– Syndrome inflammatoire
– Marqueurs sériques de l’hépatite B
Maladie de Kawasaki – Inflammation – Enfant (+++) (< 5 ans) – Artères de moyen calibre (coronaires +++) – Syndrome adéno?cutanéo?muqueux fébrile
– Cœur : coronarite (anévrismes coronaires), risque de mort subite
– Syndrome inflammatoire
Vascularites des vaisseaux de petit calibre à ANCA
Polyangéite microscopique – Inflammation
– Nécrose
– Adulte (30–60 ans)
– 1 H/1 F
– Artérioles, veinules et capillaires disséminés – Rein : glomérulonéphrite nécrosante segmentaire et focale, avec prolifération extracapillaire
– Poumon : hémorragie alvéolaire
– Musculo?squelettique
– Digestif
– Syndrome inflammatoire
– ANCA anti?MPO (60 %)
Granulomatose avec polyangéite – Granulome
– Nécrose
– Adulte (40–60 ans)
– 1,5 H/1 F
– Artérioles, veinules, capillaires et artères disséminés – Rein : glomérulonéphrite nécrosante pauci?immune segmentaire et focale associée à une prolifération extracapillaire – Syndrome inflammatoire
– ANCA anti?PR3 (80 %)
Granulomatose éosinophilique avec polyangéite – Inflammation (éosinophiles)
– Nécrose
– Granulome
– Adulte (30–50 ans)
– 1,5 H/1 F
– Vaisseaux de petit calibre – Poumon : asthme grave, infiltrats pulmonaires labiles
– Rein : glomérulonéphrite
– Vascularite systémique
– Syndrome inflammatoire
– Hyperéosinophilie sanguine
– ANCA anti?MPO (30–40 %)
Vascularites des vaisseaux de petit calibre avec des complexes immuns
Vascularite à IgA – Inflammation
– Dépôts d’IgA
– Enfant (+++)
– Adulte : 1,2 H/1 F
– Artérioles, veinules, capillaires disséminés – Peau : purpura vasculaire
– Musculo?squelettique : arthralgies, arthrites
– Digestif
– Rein : néphropathie glomérulaire à dépôts mésangiaux d’IgA
– Élévation des IgA sériques inconstante
Vascularite des cryoglobulinémies – Inflammation
– Absence de nécrose fibrinoïde dans la majorité des cas
– Adulte – Artérioles, veinules, capillaires disséminés – Peau : purpura vasculaire
– Rein : néphrite membrano?proliférative
– Neurologique : neuropathie périphérique
– Cryoglobulinémies mixtes type II (composant monoclonal) ou type III
– Marqueurs sériques de l’hépatite C
– Maladie auto?immune associée ou hémopathie lymphoïde B
Vascularites des vaisseaux de taille variable
Maladie de Behçet – Inflammation
– Thrombose
– Sujet jeune (20–40 ans)
– 1 H/1 F
– Méditerranéen, HLA?B5/B51
– Artères et veines de calibre variable, disséminées – Aphtose bipolaire (orogénitale)
– Thrombophlébites périphériques et/ou cérébrales
– Peau : érythème noueux, pseudo?folliculite, phénomène de pathergie
– Musculo?squelettique : arthromyalgies, arthrite
– Neurologique : méningo?encéphalites, myélite
– Syndrome inflammatoire très inconstant, présent surtout dans les formes vasculaires

3 - Outils diagnostiques

3.1 - Examens biologiques (hors recherche des ANCA)

Devant une symptomatologie évocatrice d’une vascularite, il faut réaliser le bilan suivant plus ou moins complet selon les éléments cliniques d’orientation.

3.1.1 - Systématique

  • Syndrome inflammatoire (VS, CRP, électrophorèse des protéines sériques).
  • Hémogramme avec recherche d’hyperéosinophilie.
  • Explorations hépatiques.
  • Explorations rénales (ionogramme sanguin, créatininémie, bandelette urinaire, protéinurie des 24 heures ou rapport protéine/créatinine urinaire qui est maintenant préféré, recherche d’hématurie glomérulaire).
  • Sérologies virales : vascularite viro-induite (hépatites B et C, VIH).

3.1.2 - En fonction du contexte

  • Recherche de certaines infections bactériennes susceptibles de déclencher une vascularite des petits vaisseaux (streptocoques, staphylocoques, méningocoques, Haemophilus, gonocoques, rickettsies, Borrelia, mycobactéries…).
  • Détection des antinucléaires et de leur typage, des facteurs rhumatoïdes et des anti-CCP dans l’hypothèse d’une vascularite associée à une maladie auto-immune.
  • Recherche de cryoglobuline, son typage et ses explorations étiologiques.

3.2 - Intérêt des ANCA

Il s’agit d’autoanticorps dirigés contre des antigènes du cytoplasme des polynucléaires neutrophiles. Bien qu’ils aient été décrits au cours d’autres affections (rectocolite hémorragique, maladie de Crohn…), leur spécificité pour le groupe des vascularites nécrosantes systémiques est très élevée, proche de 100 % (tableau 14.4).

 

Tableau 14.4.  Cibles antigéniques et maladies associées aux ANCA.

Aspect en IFI Antigène cible Maladies associées
c-ANCA Protéinase 3 (PR3) Granulomatose avec polyangéite
Polyangéite microscopique
p-ANCA Myéloperoxydase Polyangéite microscopique
Granulomatose éosinophilique avec polyangéite
Granulomatose avec polyangéite (environ 10 % des GPA)
Glomérulonéphrite rapidement progressive pauci-immune
Syndrome de Felty
Lupus systémique
Cathepsine G Rectocolite hémorragique
Cholangite sclérosante primitive
Lactoferrine Polyarthrite rhumatoïde
Lupus systémique
IFI : immunofluorescence indirecte.

 

 La méthode initiale permettant la détection des ANCA est l’immunofluorescence indirecte sur des polynucléaires fixés dans l’alcool.
Deux types de fluorescence sont observés :

  • une fluorescence cytoplasmique des polynucléaires, appelée c-ANCA ;
  • une fluorescence périnucléaire des polynucléaires, appelée p-ANCA.

Dans un deuxième temps, l’identification des antigènes cibles des ANCA est pratiquée par des tests ELISA. Les deux principaux antigènes connus sont :

  • la PR3 (protéinase 3) ;
  • la MPO (myéloperoxydase).

Bien qu’une positivité des anticorps puisse précéder une poussée de la maladie (surtout après une négativation sous traitement), il n’a jamais été montré de manière formelle que le titre d’ANCA était corrélé à l’activité clinique de la maladie.

3.3 - Examens d’imagerie et recherche de complications viscérales

Le bilan varie en fonction du type de vascularite suspecté ou diagnostiqué.
En cas de vascularite des gros vaisseaux, l’échographie des artères temporales est indiquée pour rechercher des signes compatibles avec une artérite à cellules géantes, sous la forme par exemple d’un halo hypoéchogène autour du vaisseau sur une portion de l’artère.
La tomographie par émission de positons, TEP-scan, semble prometteuse pour le diagnostic des vascularites des gros vaisseaux : dans l’artérite à cellules géantes, la TEP pourrait avoir une place dans le dépistage des atteintes des gros vaisseaux (aorte, artères des membres…) qui peuvent toucher jusqu’à 50 % des patients selon les séries. Néanmoins, l’artérite à cellules géantes pose en théorie le problème de la spécificité des images vasculaires chez des patients souvent âgés, les plaques athéromateuses pouvant capter le 18F-FDG. Par conséquent, cet examen ne doit pas être demandé systématiquement mais doit plutôt être réservé aux cas difficiles, notamment pour rechercher des signes d’artérite des gros troncs. Dans la maladie de Takayasu, l’âge précoce de survenue rend l’imagerie TEP plus spécifique. Les anomalies observées semblent plus précoces que celles du scanner ou de l’IRM, et diminuent sous traitement.
Pour le bilan des autres formes de vascularites et notamment les vascularites associées aux ANCA, le bilan de l’atteinte d’organes cibles comprend les explorations suivantes :

  • explorations pulmonaires :
    • radiographie pulmonaire (face et profil) ;
    • scanner thoracique non injecté ;
    • explorations fonctionnelles respiratoires avec DLCO ;
    • fibroscopie bronchique et lavage bronchioloalvéolaire (LBA), qui seront effectués avec biopsies bronchiques et prélèvements microbiologiques en cas de suspicion d’hémorragie alvéolaire et/ou d’atteinte pulmonaire à l’imagerie. Le LBA mettra en évidence macroscopiquement l’hémorragie alvéolaire (liquide rouge ou rosé) et la quantifiera si nécessaire ;
    • explorations ORL :
    • examen spécialisé ;
    • scanner ORL pour les patients atteints ou suspects d’être atteints de vascularite associée aux ANCA ;
    • explorations cardiaques :
    • ECG systématique ;
    • échographie cardiaque transthoracique ;
    • en cas de syndrome de Churg et Strauss et/ou de suspicion d’atteinte cardiaque, d’autres explorations peuvent être utiles (troponine ultrasensible, NT-proBNP, IRM cardiaque) ;
    • explorations neurologiques :
    • électromyogramme à effectuer en cas d’anomalies cliniques ;
    • IRM cérébrale et/ou médullaire, en cas d’anomalies cliniques orientant vers une atteinte neurologique centrale.

D’autres examens peuvent être indiqués en fonction de la présentation clinique (par exemple, examen ophtalmologique, endoscopies digestives en cas de signe d’appel).

3.4 - Confirmation histologique de la vascularite

Elle est souvent nécessaire (sauf si le tableau clinico-biologique est typique) :

  • la biopsie cutanée est le geste le plus simple ;
  • la biopsie neuromusculaire se justifie en cas de neuropathie ; une biopsie musculaire peut parfois être suffisante pour aboutir au diagnostic, sans faire prendre le risque au patient de lésions neurologiques ;
  • la biopsie de l’artère temporale dans l’artérite à cellules géantes ;
  • la ponction-biopsie rénale :
    • elle est indiquée :
    • s’il existe une protéinurie et une hématurie glomérulaires ;
    • en cas d’hématurie isolée, après avoir écarté une uropathie ;
    • s’il existe une dégradation de la fonction rénale en l’absence de cause identifiable ;
    • conseillée en cas de protéinurie isolée en phase active initiale, en l’absence d’autre cause identifiable (diagnostic différentiel) ;
    • à l’inverse, elle n’est pas indiquée en cas de suspicion de PAN (atteinte rénovasculaire et non glomérulaire) ;
    • chez les patients avec atteinte rénale de type glomérulaire et sans ANCA détectables, une artériographie rénale est discutable avant toute biopsie (contre-indication à la biopsie s’il existe des microanévrismes).

4 - Moyens thérapeutiques

Les vascularites sont des urgences thérapeutiques pouvant mettre en jeu le pronostic vital et le pronostic fonctionnel des organes touchés, avec un risque de séquelles irréversibles : insuffisance rénale terminale, insuffisance respiratoire, neuropathie motrice déficitaire…
Le traitement est adapté à la sévérité de la maladie : toutes les vascularites systémiques sont traitées par corticothérapie à forte dose, et les plus sévères sont également traitées par immunosuppresseurs.
Un score pronostique a été proposé pour juger de la sévérité des vascularites systémiques et prédire la mortalité : le Five Factor Score. Celui-ci est fondé sur cinq items (tableau 14.5).

 

Tableau 14.5.  Five Factor Score.
Un score à 0 est associé à un meilleur pronostic à long terme qu’un score > 0.

Âge > 65 ans (1 point)
Créatinine (sang) > 150 µmol/l dans un contexte d’atteinte rénale aiguë
Si insuffisance rénale chronique préexistante, correspond à une élévation significative de la créatinine basale
(1 point)
Atteinte digestive spécifique : atteinte digestive causée par la vascularite
Douleurs abdominales importantes, angor mésentérique, ischémie mésentérique, hémorragie, perforation
(1 point)
Cardiomyopathie : atteinte cardiaque causée par la vascularite (1 point)
Absence d’atteinte ORL
La présence d’une atteinte de la sphère ORL est paradoxalement un signe de bon pronostic et son absence, donc, un facteur de mauvais pronostic
(1 point)
Source : Guillevin L, Pagnoux C, Seror R, Mahr A, Mouthon L, Le Toumelin P; French Vasculitis Study Group (FVSG).
The Five-Factor Score revisited: assessment of prognoses of systemic necrotizing vasculitides based on the French Vasculitis Study Group (FVSG) cohort. Medicine (Baltimore) 2011;90(1):19–27.

 

Les objectifs du traitement sont :

  • obtenir la rémission et la guérison ;
  • diminuer le risque de rechute ;
  • limiter et réduire les séquelles en rapport avec la maladie ;
  • limiter les effets indésirables liés aux médicaments utilisés ;
  • améliorer la qualité de vie et maintenir l’insertion socioprofessionnelle.

La stratégie thérapeutique comprend les étapes suivantes :

  • débuter rapidement une corticothérapie générale (dès qu’une infection bactérienne est éliminée, sans attendre la confirmation définitive du diagnostic de vascularite systémique) ; éviction d’éventuels médicaments/toxiques inducteurs ;
  • traitement de l’infection causale ou du cancer sous-jacent s’il y a lieu ;
  • discuter un traitement anticoagulant/antiagrégant en cas d’autres facteurs de risque associés ;
  • discuter la prescription d’un immunosuppresseur habituellement associé aux corticoïdes (cyclophosphamide, azathioprine, mycophénolate mofétil, méthotrexate, rituximab et anti-IL-6R) en traitement de fond d’induction ;
  • prévoir un traitement d’entretien (maintien de la rémission) une fois le traitement d’induction terminé (méthotrexate, azathioprine) ;
  • la place d’une nouvelle classe thérapeutique, les bloqueurs du récepteur au C5a, qui ont démontré leur efficacité pour contrôler l’inflammation dans le cadre des vascularites associées aux ANCA et pouvant permettre une épargne cortisonique, reste encore à définir.

Les mesures thérapeutiques complémentaires sont également un élément clé de la prise en charge :

  • prévention du risque infectieux : vaccination antigrippale, antipneumococcique et anti-COVID, Bactrim® en prophylaxie systématique de la pneumocystose si association d’une corticothérapie à forte dose et d’un immunosuppresseur ;
  • dépistage d’un diabète, d’une hypertension artérielle, d’une dyslipidémie et d’une ostéoporose.

Le cyclophosphamide ou le rituximab sont utilisés en traitement d’induction avec les corticoïdes avant un relais par un autre immunosuppresseur dans les formes sévères, notamment dans les granulomatoses avec polyangéite où la survie moyenne sans traitement est évaluée à 6 mois.

Rituximab (anti-CD20)

Le rituximab est validé comme traitement d’induction des vascularites à ANCA, pour lesquelles il représente une alternative au cyclophosphamide sans dispenser d’un traitement d’entretien. L’intérêt du rituximab en traitement d’entretien est aussi établi.
Le rituximab peut également être proposé dans les vascularites cryoglobulinémiques associées au VHC, en cas d’échec du traitement antiviral ou de forme sévère. Le rituximab peut aussi être administré dans les cryoglobulinémies mixtes essentielles, sans que sa place en première intention ou en cas de maladie réfractaire ne soit parfaitement définie.

Tocilizumab (anticorps anti-récepteur à l’IL-6)

Cette biothérapie a une indication reconnue dans le traitement de l’artérite à cellules géantes, habituellement proposée chez les patients ayant présenté au moins une rechute de la maladie ou en cas de nécessité d’épargne cortisonique rapide.
Immunoglobulines intraveineuses
Les immunoglobulines peuvent être utiles comme traitement adjuvant, notamment en cas d’immunodépression sévère.
Les immunoglobulines intraveineuses sont indiquées dans la maladie de Kawasaki où elles diminuent l’incidence des anévrismes coronariens.

Échanges plasmatiques

Les échanges plasmatiques peuvent être proposés en cas d’insuffisance rénale sévère et en cas d’hémorragie alvéolaire sévère.
Dans la péri-artérite noueuse liée au VHB, l’association d’une brève corticothérapie, d’échanges plasmatiques et d’un traitement antiviral donne d’excellents résultats thérapeutiques.




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